Situation géographique et administrative

Situation Géographique

La commune rurale de Zogoré est localisée dans la région du Nord dans la partie sud de la province du Yatenga. Elle est à 26 Km de Ouahigouya chef-lieu de la province et de la région. Elle fait partie des treize communes de cette province et est située entre les coordonnées 2°27’45’’ et 2°40’ de longitude Ouest puis 13°19’20’’ et 13°30’10’’de latitude Nord soit une distance de 22 km environ d’Est en Ouest et 20 km du Nord au Sud. Sa superficie est d’environ 233,85 Km2.
La commune est limitée :

  • au Nord et à l’Ouest par la commune de Tangaye (province du Yatenga) ;
  • au Nord et à l’Est par la commune de Ouahigouya (province du Yatenga) ;
  • au Sud et à l’Ouest par la commune de Kiembara (Province du Sourou) ;
  • au Sud et à l’Est par la commune de Gourcy (Province du Zondoma).

Organisation administrative de la commune

La commune compte seize (16) villages administratifs.
Dans sa politique de gestion du territoire, le gouvernement a initié un processus de communalisation intégrale du territoire marqué entre autres par l’adoption du code général des collectivités territoriales en décembre 2004 et les élections municipales intervenues le 23 avril 2006.
La commune rurale de Zogoré a été créée avec l’adoption du Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT) en décembre 2004. C’est cet acte, qui a érigé le département en commune rurale dont fait partie l’ensemble des seize (16) villages administratifs.

Éléments du milieu physique

Relief et géologie

Le relief de la commune est assez monotone et pas très élevé dans son ensemble. L’ensemble des élévations se localisent dans la moitié Est. On distingue deux grands types de relief :

  • La partie basse qui occupe toute la moitié Ouest et une grande partie de la moitié Est autour des localités comme Lilkana, Ninga, Koro, Viré-Songdin et Piga-Songdin et Règa. L’altitude y varie
    entre 300 et 340 m.
  • Le deuxième niveau localisé dans la zone que forme Bôh, Zogoré, Piga-Songdin, règa puis au sud de Rambouli. L’altitude dominante dans cette zone est 360 m. Cependant, quelques sommets culminent à 400 m.

Le Burkina Faso s’étend sur 3 grands ensembles géologiques de l’Ouest africain. Il s’agit du socle précambrien métamorphique et éruptif qui occupe environ les trois quarts du pays ; les couvertures sédimentaires des bordures orientales et nord orientales du bassin de Taoudeni et enfin les couvertures sédimentaires situées à l’extrémité nord-est des formations de l’Oti. La commune de Zogoré fait partie du premier ensemble, d’un milliard d’années d’âge moyen. Les roches granitiques qui composent le socle sont donc très anciennes, consolidées et arasées ce qui explique la platitude du relief.
La lithologie, des sources du BUMIGEB, montre que la commune est dominée par deux grands types de lithologie qui sont des granites qui occupent environ 58 % de la superficie de la commune et couvrent toute la moitié Ouest de la commune. Suivent ensuite les micaschistes rencontrés à Règa, Bôh, Viré-Songdin, Ninga, Rambouli et Koro. Les autres entités (Rhyolite, Schiste et tonalite) sont faiblement rencontrées.

Climat

La commune rurale de Zogoré à l’instar des autres communes de la province du Yatenga est soumise à l’influence d’un régime climatique tropical de type nord-soudanien où s’alternent une saison pluvieuse et une saison sèche.
La saison pluvieuse dure environ cinq (05) mois (juin à octobre) et est caractérisée par la présence de la mousson (vent chaud et humide) qui apporte les précipitations et permet de développer des activités agricoles. La saison sèche quant à elle s’étend sur environ sept (07) mois (novembre à mai) et estcaractérisée par une période froide (décembre à février) et une période chaude (mars à mai). Les vents d’harmattan (chauds et secs) sont prédominants tout au long de la saison sèche.
Sur le plan pluviométrique, la commune est faiblement arrosée et les précipitations sont irrégulièrement reparties dans le temps et dans l’espace, elles diffèrent également d’une année à une autre. La moyenne pluviométrique des dernières années est de 739.97 mm repartie en 47,75 jours de pluie. Les précipitations de la commune, comparées à leur moyenne font ressortir trois années déficitaires : 2008, 2011 et 2013 et trois années excédentaires (2009, 2010 et 2012).
Aussi, le nombre de jours de pluie varie de 42 jours (2011) à 53 jours (2012).
Ces différentes variations montrent combien les précipitations sont irrégulièrement reparties dans le temps, avec souvent des poches de sécheresse.

Ressources naturelles

Le réseau hydrographique de la commune de Zogoré appartient au bassin du Nakambé.Un cours d’eau principal et plusieurs cours d’eau secondaire balaient la commune. Le cours d’eau principal, le Nakambé,s’écoule dans la partie Est et longe la zone de Boh, Rambouli, Ninga et Koro.
Quant aux plans d’eau, ils sont au nombre de trois dont deux à proximité de la RN 10 et le troisième au Nord-Ouest de Zogoré Chef-lieu.

Les informations collectées dans les villages et auprès des services techniques (BUNASOL) permettent de distinguer trois principaux types de sol qui sont par ordre d’importance:

  • Les sols peu évolués

Les sols peu évolués sont des sols jeunes qui se distinguent par une faible altération des minéraux et une faible teneur en matière organique. Ces sols qui représentent 71% de la superficie de la commune ont des origines diverses liées au climat, à l’érosion ou encore aux apports extérieurs. Ils sont destinés à la culture du petit mil, de l’arachide, du niébé, du sésame et du voandzou.

  • Les sols Fersiallitiques

Ce sont les sols dont l’évolution peut donner des sols ferrugineux ou des sols ferrallitiques. Ainsi, sous climat tropical, avec une saison sèche de 5 à 8 mois et une végétation de type savane arbustive et arborée, les sols les plus anciens seront ferrugineux alors que les plus jeunes sont encore fersiallitiques. Les sols fersiallitiques sont de bons sols agricoles ou forestiers s’ils sont protégés de l’érosion. Mais ce sont des sols fragiles, d’autant plus qu’ils sont soumis à un climat rude : pluies orageuses violentes et très forte sécheresse prolongée. Ils occupent 16% de la superficie de la commune.

  • Les sols minéraux bruts

Ces sols présentent un horizon de surface pratiquement inexistant reposant sur une roche peu décomposée constituée d’affleurement de grès et de cuirasses ferrugineuses. Leur épaisseur est très faible. La difficulté de pénétration des racines et la pauvreté chimique confère à ces sols une valeur agronomique quasi nulle.
Ils occupent 12% de la superficie de la commune et sont des terrains de parcours du bétail en priorité. Les autres types de sols sont très faiblement représentés. Moins de 1% de la superficie de la commune.

La commune de Zogoré est située dans la zone phytogéographique soudano-sahélienne. Son espace est dominé par des champs (52%) de la superficie totale de la commune, des steppes arbustives (13,3%) et herbeuses (13,1%) mais aussi des territoires agro-forestiers (12,1%). Une diversité d’espèces ligneuses subsiste. Les espèces dominantes sont :
Les Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) les plus exploités sont Moringa oleifera (Moringa), Lannea microcarpa (Raisinier), Saba senegalensis (Liane), Vitellaria paradoxa (Karité), Adansonia digitata (Baobab), Azadirachta indica (Neemier) et Parkia biglobosa (Néré).
Le Baobab est une espèce hautement protégée dans la commune.

Les aléas climatiques et les actions anthropiques diverses ont dégradé l’habitat de la faune l’exposant à l’assaut des braconniers et conduisant à la diminution et à la disparition de certaines espèces. C’est une faune caractérisée par une pauvreté en effectif et en diversité. Elle est constituée principalement de pintades sauvages, de francolins, d’hérissons, de rats voleurs et de reptiles (crocodiles, varan, serpents).
La chasse n’est donc pas une activité d’envergure dans la commune. Ce sont les battues coutumières qui sont le plus souvent pratiquées.
En dépit des actions qui tendent à protéger l’environnement (Aménagement et gestion des ressources forestières et agro-pastorales, protection des ressources fauniques, pratique de mesures CES/DRS, etc.), le couvert végétal et la faune est en régression. La coupe non contrôlée du bois de chauffe, principale source pour la cuisine, les méthodes culturales archaïques (culture itinérante sur brulis) et la déforestation sont les principales raisons.

Les espèces piscicoles sont constituées principalement de silures et de carpes. Les ressources halieutiques à l’instar de la faune sont caractérisées par une pauvreté aussi bien en population qu’en diversité. La pêche, elle est pratiquée au barrage de Boulssin.

Changements climatiques

Les habitants de Zogoré dépendent presque entièrement de la terre pour subvenir à leurs besoins. Les produits alimentaires, les matériaux de construction, le bois de feu et la pharmacopée traditionnelle font partie de cet éventail de ressources naturelles prioritaires à la survie des populations. L’environnement joue donc un rôle d’une importance majeure au regard des conditions socio-économiques.
Les inondations, les sécheresses à répétition, la pluviométrie insuffisante ou mal répartie dans le temps et dans l’espace, l’abaissement voire l’assèchement des eaux de surface et souterraines, les vents violents pendant les précipitations sont des effets des changements climatiques. Les conséquences immédiates sont l’appauvrissement de la végétation, la réduction des produits de cueillette, l’appauvrissement de la faune sauvage, la diminution du pâturage et partant du cheptel, l’adaptation aux nouvelles techniques culturales, etc. Les effets de ces aléas sur les ressources dans la commune se présentent dans la matrice de vulnérabilité aux changements climatiques suivant :
Il ressort de ce tableau que les cours d’eau sont le plus soumis aux aléas climatiques et cause d’énormes dégâts dans la commune de Zogoré. En cas d’inondation, les eaux détruisent les routes et les concessions.
L’impact des aléas sur les terres de culture occasionnent également une baisse de la productivité et partant, crée la famine.
Par contre les infrastructures modernes (réseaux de téléphonie, bâtiments administratifs), à part les vents violents résistent mieux aux aléas climatiques.